Phoques au Spitzberg : espèces présentes et observation en croisière d'aventure
Une tête ronde qui émerge à quelques mètres du navire, des yeux noirs immenses, puis plus rien — l'Arctique se referme. Les phoques du Spitzberg sont ainsi : discrets, imprévisibles, présents partout et nulle part.
Les croiser demande patience, attention et connaissance de leurs habitudes.
Le Spitzberg abrite plusieurs espèces de phoques qui jouent un rôle central dans l'écosystème marin arctique. Ces mammifères sont à la fois des prédateurs de poissons et de crustacés, et des proies essentielles pour l'ours polaire. Leur présence est étroitement liée à la banquise, aux températures de l'eau et à la disponibilité des ressources alimentaires — ce qui en fait de véritables indicateurs de l'état des écosystèmes polaires.
Observer des phoques en croisière d'aventure au Spitzberg, c'est s'inscrire dans une dynamique sauvage, sans artifice. Ces animaux ne se montrent pas sur commande. Ils reposent sur la glace de dérive, se laissent porter par les courants dans les fjords, ou surgissent brièvement à la surface avant de replonger dans des eaux à moins de deux degrés. Comprendre leur biologie et leurs comportements permet d'affûter son regard — et de ne pas passer à côté d'une rencontre que l'on n'oubliera pas.
Quatre espèces de phoques à connaitre avant de naviguer au Spitzberg
Le phoque annelé (Pusa hispida) est l'espèce la plus abondante de l'archipel. Petit, trapu, reconnaissable aux anneaux clairs sur son pelage gris, il fréquente indifféremment la banquise, les zones de glace côtière et les eaux ouvertes des fjords. C'est lui que l'on aperçoit le plus souvent reposant sur des plaques de glace de dérive. Il constitue la proie principale de l'ours polaire, ce qui en fait un maillon fondamental de la chaîne alimentaire arctique.
Le phoque barbu (Erignathus barbatus) est sensiblement plus grand — jusqu'à 2,5 mètres et 300 kilogrammes. Ses longues moustaches blanches et caractéristiques lui ont valu son nom. Il préfère les fonds peu profonds riches en bivalves et crustacés, que ses vibrisses l'aident à localiser dans les sédiments. On peut l'observer sur les plages de galets ou les îlots rocheux de certains fjords.
Le phoque du Groenland (Pagophilus groenlandicus) est plus migratoire. Il peut être possible de le croiser au Spitzberg en dehors de la période de reproduction, notamment lors des transits entre zones d'alimentation.
Enfin, le phoque à capuchon (Cystophora cristata), moins fréquent, est reconnaissable chez le mâle à sa vésicule nasale gonflable rouge — un signal visuel de dominance. Sa présence reste occasionnelle dans les eaux de l'archipel, ce qui rend chaque observation d'autant plus mémorable.
Comportement, rythmes et habitats : comprendre les phoques pour mieux les croiser
Les phoques sont des animaux amphibies dont l'organisation quotidienne se partage entre alimentation en mer et repos à terre ou sur la glace. Le comportement de « hauling out » — action de se hisser hors de l'eau pour se reposer — est l'une des rares occasions où l'observateur attentif peut les approcher sans les perturber. Sur une plaque de glace ou un rocher plat, un phoque annelé peut rester immobile plusieurs heures, récupérant de ses plongées.
La plongée est une performance physiologique remarquable : le phoque annelé peut descendre à plus de 90 mètres et retenir son souffle plusieurs minutes. Le phoque barbu, plus lourd mais agile sous l'eau, explore les fonds à la recherche de ses proies benthiques. Ces comportements alimentaires se déroulent loin des regards, sous la surface opaque de l'eau arctique.
Les saisons influencent fortement leur répartition. En été, la fonte des glaces repousse certaines espèces vers des zones de banquise résiduelle, souvent accessibles aux navires à coque renforcée. Au printemps, les femelles mettent bas sur la glace — période de vulnérabilité maximale pour les jeunes, qui naissent avec un pelage blanc (lanugo) avant de muer. Les zones de fjord calme et les abords de la banquise constituent les habitats à privilégier lors d'une croisière d'aventure pour augmenter les chances d'observation possible.

Observer les phoques depuis le navire : postures, distances et patience
L'observation depuis le navire est souvent la plus efficace. À bord du M/S Tarmo ou du M/S Isbjørnen II, la faible hauteur de franc-bord et la taille réduite des navires permettent une approche plus douce qu'un grand paquebot. Les phoques sur la glace tolèrent généralement la présence d'un navire qui avance lentement, sans bruit soudain ni accélération. Beaucoup restent immobiles, tournant juste la tête — un moment précieux pour l'observation et la photographie.
L'attitude à adopter est simple : se poster à l'avant ou sur les flancs, garder le silence, ne pas faire de gestes brusques. La lumière rasante des nuits polaires de juin et juillet offre des conditions photographiques exceptionnelles, avec des teintes chaudes sur les plaques de glace et les fourrures grises. Une focale de 200 à 400 mm reste idéale pour remplir le cadre sans s'approcher davantage.
Lors des navigations dans les fjords — Liefdefjorden, Woodfjorden ou Hornsund — il est possible de croiser des phoques dans l'eau à quelques mètres du navire, curieux et observateurs à leur tour. Ces rencontres fortuites, au fil de la navigation, sont souvent les plus intenses : elles ne se planifient pas, elles s'accueillent. C'est dans cet imprévu que réside la valeur d'une croisière d'aventure en Arctique. Pour choisir les mouillages les plus propices, la connaissance des fjords et de leur faune compte autant que la météo.
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Les phoques du Spitzberg ne se donnent pas en spectacle. Ils vivent, se nourrissent, se reposent selon des logiques qui ignorent les itinéraires. C'est précisément ce qui rend chaque rencontre précieuse — une aubaine que l'on doit à la lenteur, au silence et à la bonne position au bon moment. Si ce type de contact avec la faune sauvage arctique vous attire, les croisières d'aventure d'Escales Polaires au Spitzberg, en petits groupes de douze passagers maximum, offrent le cadre idéal pour observer sans déranger et comprendre sans simplifier.
De juin à août, les phoques sont visibles dans les fjords et sur les glaces de dérive. En juin et début juillet, la banquise résiduelle offre des plaques de repos prisées par les phoques annelés et barbus. L'été est également la saison où les nuits lumineuses permettent d'observer et de photographier à toute heure.
Les phoques reposant sur des plages ou des rochers peuvent être observés lors d'escales, mais une distance respectueuse est impérative pour ne pas provoquer de fuite vers l'eau. En pratique, l'observation depuis le navire est souvent plus efficace et moins intrusive, car les phoques tolèrent mieux l'approche lente d'un navire qu'une présence humaine à pied.
Le phoque annelé et le phoque barbu ne sont pas classés en danger, mais ils sont sensibles aux dérangements pendant la mise bas printanière. En croisière d'aventure, l'approche se fait toujours moteur ralenti et à distance raisonnable. Observer sans perturber est à la fois une obligation réglementaire dans le parc national et une condition d'une observation de qualité.
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